Accouchement à domicile : le point de vue d’un homme

Hjemmefødsel - fra en mands perspektiv
Par Jonas Christiansen
Tout d’abord, à toutes les femmes ici, merci pour tous ces récits passionnants. Ils nous ont beaucoup apporté, à moi et à nous, et je suis plus qu’impressionné par votre capacité à supporter les douleurs qu’une naissance implique❤️
Flora Elise, née jeudi 25 avril à 15 h 08
Premier enfant. Semaine 41+0
Comme il s’agit d’un récit écrit par un homme, tout est raconté du point de vue d’un homme.
Mes 4 bons conseils aux hommes :
1. Si l’accouchement à domicile vous fait peur et que votre femme ou compagne le souhaite, renseignez-vous. Venez à une réunion d’information, lisez sur le sujet et surtout, écoutez votre femme ! C’est elle qui doit accoucher.
2. Avant la naissance, parlez de ce que l’on attend de vous. Massage, contact avec la sage-femme, etc. Et soyez prêt à ce que les accords changent.
3. Soyez prêt à vous faire gronder : quand la future mère entre vraiment dans l’enfer de la douleur, elle n’a pas beaucoup d’énergie pour de longues conversations profondes. Préparez-vous donc à entendre « tu sens le café », « masse le bas du dos », « tais-toi », « pas maintenant ».
4. « Go with the flow » : il y avait plusieurs choses que je ne pensais pas oser faire pendant la naissance, mais une fois qu’on y est, il faut se lancer. Imaginez si vous le regrettiez après.
Voici le récit :
Nous avions dépassé le terme de quelques jours et ma compagne avait eu des contractions de Braxton Hicks presque trois soirs ou nuits de suite. Chaque fois, après 3 ou 4 contractions d’affilée, tout s’arrêtait. Bien frustrés, nous nous sommes aussi couchés le mercredi soir, SANS bébé.
J’ai été réveillé à 5 h 30 jeudi matin ! Ma compagne avait des contractions depuis 3 h, et cette fois elles ne s’étaient pas arrêtées, donc il semblait bien que quelque chose se préparait. À 6 h, j’appelle la sage-femme et je lui dis que les contractions semblent être comme elles doivent l’être. Nous avons une conversation calme et elle arrive à 8 h pour constater que ma compagne est ouverte à 2 ou 3 cm. Portée par cette nouvelle, enfin surtout moi puisque ma compagne a mal, la sage-femme va faire une autre visite avant de revenir à 10 h et de constater que ma compagne est ouverte à 5 cm. Pendant ce temps, NOUS avons travaillé avec les contractions. Je dis nous, parce que ma compagne utilise ses exercices de respiration du mieux qu’elle peut, à la fois grâce au mamaprofylax et à la préparation à la naissance à Nykøbing F, où nous habitons, et moi j’appuie sur ses hanches et le bas de son dos, car ma compagne découvre assez vite que cela soulage la douleur. C’est pourquoi je finis par appuyer sur ses hanches et son dos pendant toutes les contractions, du début à la fin, environ 9 heures d’affilée. J’étais d’ailleurs présent à la plupart des séances de mamaprofylax. Je le recommande vraiment. S’il y a des hommes qui lisent ceci, ce n’est pas un truc où l’on s’assoit en cercle hippie sur des tapis de yoga en mode zen. C’est une sage-femme qui donne des outils, notamment pour la respiration de la femme, mais il y a aussi de très bons conseils pour l’homme et un vrai focus sur la coopération.
Nous continuons le bon travail à l’étage, près des toilettes, et ce n’est que lorsque la sage-femme vérifie à nouveau vers 13 h que ma compagne est ouverte à 8 cm. À ce moment-là, elle est depuis longtemps entrée en elle-même. La sage-femme propose donc que nous descendions au salon, où une belle piscine de naissance à bonne température est prête grâce à notre accompagnante. Je recommande vraiment d’avoir une accompagnante avec soi. Il faut bien sûr que ce soit quelqu’un en qui la future mère a confiance. Dans notre cas, c’était la petite sœur de ma compagne, et elle s’est occupée de promener notre chien, réchauffer de la nourriture pour nous, préparer la piscine d’accouchement, prendre des photos et beaucoup d’autres choses. Elle valait de l’or pendant la naissance, afin que ma compagne puisse se concentrer sur la respiration et la poussée, et que je puisse me concentrer sur le fait de maintenir la pression sur ses hanches et le bas de son dos. Ma compagne ne voulait en effet pas que je m’éloigne d’elle une seule seconde.
Elle n’avait pas très envie de bouger du lit, mais elle s’est laissée convaincre et nous sommes descendus l’escalier puis entrés dans le bassin.
Au départ, j’avais l’idée de rester debout ou assis à côté du bassin, de tenir ma compagne, de l’encourager et de la laisser serrer ma main, mais il est très vite devenu clair que je devais entrer dans l’eau pour pouvoir continuer à tenir ses hanches. J’ai trouvé toutes sortes de positions étranges pour supporter la brûlure dans les biceps. Récit d’accouchement à domicile de Jonas
Pendant les presque deux heures que nous avons passées dans l’eau, j’ai donc fini assis à regarder l’arrière-train de ma compagne tout en appuyant encore et encore sur ses hanches. Et je peux vous dire que j’ai tout vu. Une hémorroïde, un rectum qui a fini par ressortir du corps, un peu de selles et de petits restes venant de l’utérus. Tout cela dépassait mes limites, mais dans la situation c’était complètement mis de côté, et surtout, j’ai aussi pu vivre toute la phase de poussée de très près. Voir la tête apparaître lentement, puis repartir dans le corps de ma compagne, c’est une image que je n’oublierai pas et que je ne regretterai JAMAIS d’avoir vécue. D’abord on voyait une petite touffe de cheveux, puis un peu de peau, puis la tête. À partir de là, il ne restait que 2 ou 3 contractions de poussée, et quand le bébé est arrivé, on m’a expliqué comment aider à le poser sur sa mère. J’ai été présent tout du long, j’ai aidé le bébé à se placer sur ma compagne et j’ai éclaté en sanglots en voyant le petit pour la première fois. J’ai eu le temps d’être celui qui annonçait le sexe, puis j’ai participé à couper le cordon, à la pesée et à beaucoup d’autres choses !
S’il y a des hommes qui hésitent à vivre un accouchement à domicile, demandez-moi ! C’était la naissance la plus fantastique et, dans les circonstances, la plus paisible que l’on puisse souhaiter. Je recommande chaleureusement l’accouchement à domicile.
Nous allons tous les trois bien, et je suis TELLEMENT fier de ce qui en est sorti, et surtout immensément fier de ma compagne et de son endurance ❤️
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